Expositions

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

Vacarmes

Illustrations, collages et photographies
Gaëtan Dorémus

Auteur d’albums illustrés, diplômé des Arts décoratifs de Strasbourg, Gaëtan Dorémus est un créateur prolixe : 26 livres, 30 albums publiés par les Éditions du Rouergue, du Seuil, Albin Michel, Les Fourmis Rouges, Gallimard, Actes Sud… Son travail se caractérise par une variété stylistique assumée, un appétit narratif. Une indignation aussi. Frontale et communicative ou plus feutrée et souterraine. Gaëtan Dorémus déploiera dans les espaces de LUX une déclinaison spatiale et plurielle de son album Vacarme, publié aux Éditions Notari.

Les cris. Un regard transversal nous révèle que l’on crie beaucoup dans les livres de Gaëtan Dorémus. On crie de colère, de désespoir, d’envie, de sidération, de peur, de surprise, de tristesse, de panique, d’énerve-ment, de joie. On crie par jeu, on crie pour se faire entendre.

Les Vacarmes présente une série de papiers collés, gouaches et crayonnés autour des peurs, des interrogations, des cris que peut susciter le monde contemporain. Un monde trop grand pour nous, qui sommes parfois si petits.

Dans toute la ville tente de se rendre invisible Un rhinocéros. Il s’adapte, veut se fondre au paysage. Il est fait de cailloux sur le sol, de rubalise sur une grille de chantier, partout il veut se faire accepter, de chaque endroit il doit fuir et muter. Rhino des villes est un album jeunesse pho-tographique paru aux Éditions Autrement.

Ici. Gaëtan Dorémus crayonne des micro-récits éphémères à même les murs ou le bitume. Où l’on découvre un “il” et une “elle” indéfinis, deux êtres aux vies multiples, ou de multiples êtres qui pourraient se côtoyer dans l’espace de la rue. Et la rue qui conserverait pendant un temps, des traces de leurs existences, et la rue qui se raconterait en creux, autour de quelques mots : regard, surveillance, nostalgie, nature, bruit, vitesse. Ici paraît aux Éditions La Ville Brûle.

Un peu est une bande photographique, telle un panorama urbain sur lequel s’inscrivent les pensées -fragiles – des personnes qui peuplent ces espaces. Des voix off qui ne sont pas du cinoche, des murmures, des cris intérieurs, des vies en dedans.

Un crayon orange prend sa liberté et s’autorise d’intervenir sur les images de l’illustrateur. Et voilà que les histoires ancestrales que l’on raconte aux enfants, les paysages que l’on aimerait photographier, ou les vieux atlas en ont le sens brouillé, déformé, flouté. Un crayon orange est un exercice de caviardage et de détournement qui entend remettre du doute là où le sens est cristallisé.

Un atelier dévoile un peu de l’envers du décor, et montre les travaux de recherches, les étapes préparatoires en amont des images finies d’un illustrateur.