LUX SCÈNE NATIONALE

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

Science-fiction : le meilleur des mondes ?

Les spectateurs découvrant le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, en 1902, assistaient à une expérience tout droit sortie d’un imaginaire de science-fiction, et qu’on appelait alors le cinématographe. Autant dire qu’avec le cinéma, la science a toujours marché main dans la main avec la fiction. Mais si la science-fiction s’impose une course contre le temps, le cinéma doit voir plus loin que l’aire scientifique du moment, pour ne pas être rattrapé par la réalité : en questionnant la condition humaine par l’hybridation (Alien, 1979 ou Blade Runner, 1982, de Ridley Scott), en s’offrant un parti-pris minimaliste, de Soleil vert (Richard Fleischer, 1973) à Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol, 1997), jusqu’à l’abstraction : 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968) ou THX 1138 (George Lucas, 1971). Les interrogations existentielles déclenchées par les mondes dystopiques ou uchroniques, croisent des questions cinématographiques : le temps et la durée avec La Jetée (Chris Marker, 1962), ou encore la valeur testimoniale de l’image et le point de vue de la caméra (Cloverfield, Matt Reeves, 2008).

Par delà les innombrables thématiques (explorations spatiales, rencontres extraterrestres, ou mondes post-apocalyptiques), qui font de la science-fiction un genre aussi introuvable que le fantastique, le cinéma remet en cause la nature et la place de l’homme dans l’univers : pris en otage par la machine audiovisuelle, aucun être ne sort indemne de cette expérience scientifique qui le transforme à jamais.
Pierre Jailloux