LUX SCÈNE NATIONALE

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

Loulou

CINÉ-CONCERT
Accompagné par Airelle Besson et Benjamin Moussay

Loulou est une jeune femme qui ne s’encombre d’aucun préjugé, vivant pour l’amour et le plaisir, Pandore moderne qui ouvre la boîte des désirs et des vices…

Avec son casque si graphique de cheveux noirs, Louise Brooks fut l’une des actrices les plus intelligentes, cinégéniques et modernes que le cinéma ait connu. « Pour beaucoup de cinéphiles, Loulou est le film par excellence, celui où la rêverie d’un cinéaste, incarnée dans la plus parfaite des actrices, s’est ouvert une voie royale vers l’inconscient des spectateurs et l’immortalité. À la veille du parlant, la Paramount ne tenait pas à garder sous contrat certains acteurs du muet et laissa partir Louise Brooks en qui Pabst, à la recherche depuis des mois de sa Loulou idéale, vit aussitôt la matérialisation de son rêve. » Ces lignes de Jacques Lourcelles sont confirmées par Louise Brooks elle-même : « Une mystérieuse alliance, qui semble même antérieure à notre rencontre, permit à Pabst de reconnaître en moi sa Lulu, naïve, d’une simplicité enfantine dans le vice. » Pabst envisagea un temps Marlene Dietrich, qui n’était pas la star que Sternberg ferait d’elle un an plus tard dans L’Ange bleu. Loulou / L’Ange bleu, duo de films des plus marquants, qui imposa les lettres L, O et encore L comme chiffres de la féminité : Loulou, Lola Lola, Lolita, jusqu’aux héroïnes tragiques d’Ophüls et de Demy et, ironiquement, au Loulou masculin mais très érotisé de Pialat. — JF Buiré

« Personne n’a su comme Pabst fixer la fièvre qui règne dans les coulisses un soir de première d’une grande revue, la hâte étourdissante, le va-et-vient sans but apparent, la promiscuité des corps tandis que les décors sont transportés ici et là, quand sont montrés, au milieu d’une attraction, une entrée, une sortie, l’empressement des artistes à aller s’incliner devant les applaudissements, la rivalité, la complaisance et l’humour, ce mélange ahurissant d’activité des accessoiristes et des électriciens, d’aspiration artistique, de pittoresque et de volupté facile. Tout oscille dans le vague d’un arrière-plan où Loulou apparaît comme une sorte d’idole païenne, tentante, scintillante de paillettes, de plumes, de fanfreluches et de falbalas. » — Lotte Eisner