Spectacles

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

L’Inhumaine

Film de Marcel L'Herbier
Création musicale du Aidje Tafial Trio

Avec un trio original croisant la rythmique du nouveau siècle avec des emprunts au tango d’Astor Piazzolla, le batteur Aidje Tafial invite à (re)découvrir L’Inhumaine, film muet d’avant-garde, emblème du modernisme des années 20, nouvellement restauré.

Claire Lescot, une cantatrice adulée repousse les avances des hommes qui l’admirent…jusqu’à une tentative d’empoisonnement dont elle sera sauvée par un jeune savant à qui elle exprimera son attachement, inhumaine enfin domptée.

Marcel L’Herbier met en scène le pouvoir féminin dans ce qu’il a de plus mystérieux et de plus sensuel. Le physique imposant de Georgette Leblanc, cantatrice et femme de lettres, terrifie autant qu’il fascine au point de donner un effet irréel à son personnage. Autour d’elle, tout participe à sa déification. Des décors cubistes à la symétrie étourdissante maintiennent la comédienne au milieu du cadre, tandis que les figures masculines sont mises à distance par une agitation brouillonne.

À l’origine de cette organisation visuelle et de ce décor somptueux, le film marque la rencontre du cinéaste avec Fernand Léger, l’architecte Robert Mallet-Stevens et les futurs cinéastes Claude Autant-Lara et Alberto Cavalcanti. Marcel L’Herbier impressionne dans sa faculté à mélanger les genres : le film passe allègrement du drame au fantastique ou au futurisme, par le biais de trucages qui rappellent avec insistance le travail des surréalistes.

Musique originale composée par Aidje Tafial | Guillaume Latil : violoncelle | David Vinitucci : accordéon | Aidje Tafial : batterie | Production : Scène et public | Film de Marcel L’Herbier (France, 1924) | Scénario : Pierre Mac Orlan | Costumes : Paul Poiret | Décors : Robert Mallet-Stevens, Fernand Léger, Claude Autant-Lara, Alberto Cavalcanti | Avec Georgette Leblanc, Jaque Catelain | Film restauré par Lobster films | Durée : 2h15