Cinéma

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

L’Ange blanc

Film de William A. Wellman

Lora Hart et Miss Maloney sont des apprenties infirmières dont la première responsabilité est de prendre soin de deux fillettes gravement malades. Malgré leurs origines bourgeoises, celles-ci semblent souffrir de malnutrition. Lora et Miss Maloney découvrent alors que le médecin et le chauffeur de la famille affament volontairement ces enfants dans l’espoir de récupérer leur héritage.

Avec l’intelligence et l’audace (esthétique et politique) qui caractérisent l’oeuvre entière du cinéaste de génie William A. Wellman, L’Ange Blanc mélange toutes les figures et inquiétudes de la période du Pré‑Code. Les parents et familles riches y sont au mieux démissionnaires (les enfants et les pauvres n’ont jamais voix au chapitre ; les voyous sont crapuleux lorsqu’ils s’associent aux puissants (le personnage du chauffeur), et héroïques lorsqu’ils se substituent aux policiers et juges pour défendre les victimes (le bootlegger, figure antithétique de hors‑la‑loi). La fin du film, d’une amoralité parfaitement assumée et réjouissante, voit ainsi le séduisant bootlegger faire justice lui‑même, en expédiant le chauffeur pervers à la morgue, avec l’aide de la pègre. — Hélène Frappat