LUX SCÈNE NATIONALE

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

King Vidor

Premier auteur du cinéma américain

Né au Texas la même année que le cinéma, en 1895, King Vidor a traversé le cinéma américain de 1919 à 1959, signant une série de films majeurs et affirmant une œuvre singulière à l’intérieur d’une industrie hollywoodienne qui a mutilé bon nombre de ses films. Il est le cinéaste de fresques cinématographiques et de films épiques : La Grande Parade (1925) sur la Première Guerre mondiale, La Foule (1927) intimiste mais à la vision monumentale, Le Grand Passage (1940) sur les guerres indiennes, Duel au soleil (1946), western à la puissance visuelle inégalée, Guerre et paix (1956) adaptation originale de Tolstoï. King Vidor témoigna de sa fascination par les bâtisseurs, tel l’architecte de son film le plus célèbre Le Rebelle (1949), qui exhalte l’individu et sa quête d’intégrité tout en confinant à l’abstraction pure. Mais il manifesta aussi un intérêt profond pour les anonymes et les oubliés, dans une veine humaniste et sociale qui s’incarne dans Notre pain quotidien (1934), épopée politique rurale et collective, formidable chant à la gloire du New Deal ou Hallelujah (1929), premier film de Hollywood entièrement interprété par des Noirs. Si King Vidor a contribué à forger les genres, il a joué avec leurs codes, ainsi La Grande Parade est aussi un mélodrame ; le film d’aventures Bardélis le magnifique recèle d’un humour ravageur et d’une romance passionnée ; L’Homme qui n‘a pas d’étoile (1955) témoigne d’une rare mélancolie ; La Garce (1949), portrait de femme d’une noirceur exceptionnelle, s’affirme comme une dénonciation du puritanisme.

Peintre de sentiments extrêmes, King Vidor est sans doute moins un cinéaste de la pulsion que de la passion. La contradiction est au cœur de son œuvre et notamment la contradiction entre l’individualisme et la nécessité, toute américaine, de faire peuple malgré tout.