Expositions

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

Henri-Georges Clouzot

Une suite contemporaine

Honorer le rapport intense de Clouzot avec l’art de son temps en donnant une « suite contemporaine » à cette dilection. Faire travailler douze artistes contemporains sur l’univers de Clouzot, tous médiums confondus. Privilégier une lecture originale émanant de créateurs plasticiens dont la culture cinématographique est ultérieure à l’ère Clouzot, tels sont les enjeux de cette exposition exceptionnelle.


Chaque artiste sollicité par le commissaire se verra proposer la réalisation d’une œuvre inédite en rapport direct avec l’univers cinématographique de Clouzot. L’évocation des grands thèmes chers à Clouzot – le mystère, l’angoisse, la noirceur morbide, la trahison, la jalousie, la relativité, l’amour fatal, la folie, la pulsion paranoïaque, le voyeurisme… – se fera pour chaque artiste et s’incarnera pour chaque œuvre, autant que faire se peut, à partir d’un seul film de Clouzot. Une vidéo des « moments d’art » les plus explicites et innovants de Clouzot sera réalisée, à partir de ses films, par un des artistes invités ou par le commissaire, sur le mode d’un sampling, et présentée durant l’exposition. Paul Ardenne

Quand on demande à Paul Ardenne une définition de l’Art contemporain, ce dernier répond sans détour : « C’est l’émer-gence, dans un double esprit de débat : l’artiste avec son temps, l’artiste avec lui-même ». Les questions de l’espace-temps, de l’esthétique moderne et postmoderne, le rapport aux choses, aux matières, à l’Histoire fondent la réflexion élargie de Paul Ardenne. Lors d’une conférence intitulée « Les images balbutient l’Histoire », Paul Ardenne, présentant un extrait de La Vie est belle de Roberto Benigni, commente : « L’Histoire, nous la poétisons, nous l’esthétisons. L’Histoire est personnalisée, elle participe à la constitution de soi ». Créer, c’est poétiser le soi, l’Histoire, la culture de son temps, de manière expérimentale et aventureuse.

Henri-Georges Clouzot était un artiste contemporain. Les thèmes abordés dans ses films, du Corbeau au Quai des Orfèvres, en passant par Le Salaire de la peur ou Manon, témoignent de cette appropriation de l’Histoire. Raconter de « petites histoires », celles de gens ordinaires, mais dans le but de témoigner en creux de la grande Histoire.

Henri-Georges Clouzot peignait une société avec honnêteté et justesse. Sans juger, sans idéaliser, avec sa morale à lui, sans parti-pris. Il captait le vivant d’une situation et de ses personnages. Simplement, totalement. Ses acteurs deviennent matière et l’histoire son socle. Paul Ardenne, lors d’une interview pour son ouvrage Comment je suis oiseau, se définit comme un « traqueur du vivant ». Cette future exposition laisse présager un surprenant mariage « a tempo », intemporelle et pluri-forme.