Cinéma

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ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

Bardelys Le magnifique

Film de King Vidor

En France, sous le règne de Louis XIII, le vicomte de Bardelys, surnommé « le magnifique » du fait de ses nombreuses conquêtes féminines, se voit mettre au défi de séduire une jeune femme au cœur réputé imprenable…

Dans cette parenthèse toute de légèreté au sein de l’œuvre muette de King Vidor, adaptée d’un roman de Rafael Sabatini (l’auteur de Scaramouche et de Capitaine Blood), on retrouve avec plaisir le très sympathique acteur de La Grande Parade, John Gilbert, auquel Vidor confie un rôle à la Douglas Fairbanks, bondissant et pétillant. Malgré le contexte historique de son histoire, ce swashbuckler film (film de cape et d’épée) qu’est Bardelys le magnifique est traversé par une modernité de ton typique des années 1920.

Ce film plein de santé est, en fait, un miraculé. Lorsque leurs droits sur le roman de Sabatini expirèrent en 1936, les cadres de la Metro-Goldwyn-Mayer décidèrent de ne pas les renouveler, et donc de détruire le film qui en avait été adapté par Vidor. Pendant soixante-dix ans, Bardelys le magnifique fut considéré comme perdu, jusqu’en 2006 où l’on découvrit, en France, une copie à laquelle manquait seulement la troisième bobine. Le film fut restauré à partir de cette copie, et la bobine manquante remplacée par des images fixes et des extraits de la bande-annonce.

De Bardelys le magnifique, King Vidor retenait particulièrement une scène romantique entre John Gilbert et Eleanor Boardman (qui deviendrait la deuxième épouse du cinéaste et dont le jeu s’avère, ici comme dans La Foule qu’ils tournèrent ensemble deux ans plus tard, d’une intelligence et d’une modernité constantes) : « Souvent, on me demandait : « Quel était ce film que vous avez réalisé où deux amants passent en bateau à travers les feuilles et les branches d’un saule pleureur ? » Ils avaient oublié le titre, les acteurs, l’auteur, et même l’histoire mélodramatique, mais la magie de la caméra avait créé une impression ineffaçable. »